Journal du Textile - 18 avril 2017

Home > News > Journal du Textile - 18 avril 2017

Journal du Textile - 18 avril 2017

Merci au Journal du Textile pour ce bel article


Journal du Textile - 18 avril 2017

Tissus d'Avesnières mène un double jeu dans l'impression

Le spécialiste des tissus d'ameublement se développe grâce au numérique tout en préservant sa technique d'impression traditionnelle au cadre

Tissus d'Avesnières se développe grâce au numérique. « Nous avons commencé à utiliser la technique du jet d'encre il y a une dizaine d'années, tout en conservant notre savoir-faire d'origine, l'impression au cadre, consacrée aux tissus d'ameublement haut de gamme », indique Grégoire Feinte, le dirigeant. En 2016, l'entreprise a ainsi réalisé 30% de son chiffre d'affaires avec des étoffes imprimées au jet d'encre. Répondant aux contraintes qualitatives des matières les plus sophistiquées, cette technique de reproduction ne cesse de gagner du terrain, y compris dans le segment du luxe. Son principal avantage est de permettre de multiplier les coloris et les motifs. Pour autant elle ne s'adapte pas toujours aux impératifs des clients éditeurs. « L'ancienne technique d'impression au cadre possède également ses avantages et ses limites. Elle réclame en amont des manipulations importantes afin de créer les différents cadres destinés à la mise en forme des motifs et des couleurs, mais, en aval, pour des imprimés comportant jusqu'à sept ou huit couleurs, elle peut se montrer plus avantageuse et qualitative que le jet d'encre. En réalité, les deux techniques sont devenues complémentaires dans notre activité et il n'est pas question de négliger l'une au profit de l'autre. »

Activités complémentaires
Aujourd'hui uniquement axée sur l'impression et la teinture, l'entreprise familiale, créée en 1881 à Armentières, dans le Nord, était à l'origine un atelier de tissage. Elle s'est installée à Laval au début des années 20. Représentant la cinquième génération, Grégoire Feinte en a pris les rênes fin 2008 et a engagé un vaste programme de réorganisation et de modernisation des équipements. Depuis, les investissements en matière d'outils et de formation des 38 salariés sont réguliers, afin de garantir une qualité optimale. Alors que la plupart des formations ont disparu, Tissus d'Avesnières forme régulièrement de jeunes apprentis en binôme avec des salariés aguerris, afin de pouvoir remplacer ces derniers lors de leur départ à la retraite.
Afin de mieux se développer, la société, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2009, s'est tournée vers des activités complémentaires, comme la maroquinerie de luxe, le mobilier ou le yachting. La production dédiée aux éditeurs de tissus d'ameublement reste encore largement majoritaire, avec 80% des ventes globales. Les cahiers des charges se montrent de plus en plus pointus. Des normes de résistance mécanique sont désormais systématiquement demandées. Certains tissus doivent également s'adapter autant aux contraintes de l'intérieur que de l'extérieur, cumulant ainsi les caractéristiques techniques. Grégoire Feinte note, en outre, une montée en puissance des matières nobles, le lin en tête, et des traitements, liés aux normes anti-feu et aux effets de relief et au toucher. « A l'image de tous les acteurs de la filière du textile d'ameublement, notre métier n'échappe pas à la nécessité d'apporter toujours davantage de créativité et d'innovations. »

Fractionnement
Tissus d'Avesnières a également développé ses services, afin de s'adapter au fractionnement des commandes et aux délais raccourcis, des pratiques qui ont tendance à se généraliser dans le milieu de l'édition. « Nous travaillons très souvent en flux tendu, souligne le dirigeant, ce qui réclame une flexibilité sans faille. »
Le chiffre d'affaires de Tissus d'Avesnières s'est élevé à 4 millions d'euros en 2016. L?export a représenté près de 60% de celui-ci, en Europe et aux États-Unis. Indirectement, par le biais de ses clients, l'entreprise est également présente un peu partout dans le monde, notamment en Russie, en Chine et au Brésil. « L'international reste un levier de croissance important, même si nous tenons à conserver notre audience en France. Nous comptons parmi les derniers imprimeurs sur le territoire et il n'est pas question que ce savoir-faire disparaisse. »

A.L.